<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Lire &#xe0; la loupe</title><link>http://lirealaloupe.canalblog.com/</link><description>un aper&#xe7;u de ma passion pour l&apos;&#xe9;criture : des nouvelles, des r&#xe9;cits courts, des anecdotes autobiographiques, l&apos;aventure de mon premier roman, mes ateliers d&apos;&#xe9;criture, des souvenirs de vacances en Bretagne, des citations, mes lectures</description><language>fr</language><lastBuildDate>Mon, 21 May 2012 06:35:14 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>Des sabl&#xe9;s inoubliables. </title><dc:creator>skaograch</dc:creator><link>http://lirealaloupe.canalblog.com/archives/2012/05/05/24191529.html</link><category>Mes nouvelles</category><comments>http://lirealaloupe.canalblog.com/archives/2012/05/05/24191529.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lirealaloupe.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/24191529/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lirealaloupe.canalblog.com/archives/2012/05/05/24191529.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Tante Babette prit une profonde inspiration&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Allons, ne te mets pas dans cet &#xe9;tat-l&#xe0;. Tu es jeune, &#xe7;a arrive de commettre un faux pas. Tu t’es fait prendre, tu t’es fait gronder, mais tu as rendu la plaquette de chocolat et le commer&#xe7;ant ne dira rien &#xe0; tes parents. Il en voit bien d’autres, des vols. Moi-m&#xea;me, dans ma jeunesse…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Toi, Tantine&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Eh oui, moi aussi, j’ai commis quelques petits larcins… Je me souviens, j’avais douze, peut-&#xea;tre treize ans… ton &#xe2;ge &#xe0; peu pr&#xe8;s. Chaque jour en sortant de l’&#xe9;cole je passais devant une &#xe9;picerie qui exposait sur le trottoir des bocaux de guimauve et des sabl&#xe9;s en vrac. Des montagnes de sabl&#xe9;s qui sentaient bon la vanille, la cannelle, la fleur d’oranger… comme c’&#xe9;tait tentant&amp;nbsp;! Et comment r&#xe9;sister&amp;nbsp;? C’est que j’&#xe9;tais une sacr&#xe9;e coquine, &#xe0; l’&#xe9;poque&amp;nbsp;! Je savais y faire. Je longeais l’&#xe9;tal de g&#xe2;teaux en fixant du regard les b&#xe2;tons de guimauve, je semblais hypnotis&#xe9;e par ces sucreries, et en m&#xea;me temps je saisissais un sabl&#xe9; et le faisais discr&#xe8;tement tomber dans ma poche. Puis je me grattais ostensiblement le nez, ou passais ma main dans mes cheveux, une main si vide que j’en devenais insoup&#xe7;onnable. Ah, j’en ai mang&#xe9; des sabl&#xe9;s&amp;nbsp;! Des kilos probablement, si on pouvait les mettre tous en tas. Je ne me suis jamais fait prendre, moi. J’attendais d’avoir tourn&#xe9; le coin de la rue, je m’arr&#xea;tais sous un porche, et je d&#xe9;gustais mon sabl&#xe9; &#xe0; l’abri des regards. Toujours seule. Ce sont les complices qui vous perdent. Retiens bien &#xe7;a.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Mais Tantine, c’est loin tout &#xe7;a&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Loin… pas tellement… Ce serait vraiment dommage de perdre la main… Tiens, reprends-en un &#xe0; la cannelle, ce sont les meilleurs.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 05 May 2012 17:05:12 GMT</pubDate></item><item><title>De jolis projets. </title><dc:creator>skaograch</dc:creator><link>http://lirealaloupe.canalblog.com/archives/2012/04/28/24125660.html</link><category>Mes nouvelles</category><comments>http://lirealaloupe.canalblog.com/archives/2012/04/28/24125660.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lirealaloupe.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/24125660/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lirealaloupe.canalblog.com/archives/2012/04/28/24125660.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Mauvaise surprise, le quai du m&#xe9;tro est noir de monde&amp;nbsp;! Quelle id&#xe9;e les organisateurs du concours ont-ils eue de choisir un samedi apr&#xe8;s-midi pour le d&#xe9;p&#xf4;t des maquettes&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Le projet de vitrail que j’ai r&#xe9;alis&#xe9; est un pur chef d’œuvre. Tout &#xe0; l’heure, lorsque je le sortirai de son emballage de papier bulle, nul doute que le jury ne soit &#xe9;bloui par le graphisme et les tons chatoyants m&#xfb;rement choisis. Je vais remporter ce prix qui m’ouvrira toutes les portes. J’imagine d&#xe9;j&#xe0; la r&#xe9;ception &#xe0; l’H&#xf4;tel de Ville, la m&#xe9;daille qui me sera remise, les invitations &#xe0; des Salons prestigieux, les ventes &#xe0; l’&#xe9;tranger… Puis suivront, forc&#xe9;ment, les commandes pour des &#xe9;glises, des ch&#xe2;teaux, des palais au Moyen-Orient… D&#xe8;s maintenant, je peux escompter des articles dans les revues d’art, des interviews &#xe0; la radio, des invitations sur des plateaux t&#xe9;l&#xe9;… Mon nom, Perrette Bisse, s’&#xe9;talera en grands caract&#xe8;res sur les affiches, puis, pourquoi pas, clignotera parmi les n&#xe9;ons des m&#xe9;gapoles am&#xe9;ricaines…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Mais j’entends la rame qui arrive&amp;nbsp;! Les wagons avancent le long du quai puis s’immobilisent. Les portes s’ouvrent. Je m’avance, pouss&#xe9;e par la mar&#xe9;e humaine qui m’entoure et me presse de tous c&#xf4;t&#xe9;s. Je prot&#xe8;ge tant bien que mal mon pr&#xe9;cieux colis, je monte enfin.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Une bousculade dans mon dos. Un craquement cristallin. Je devine &#xe0; travers mes doigts plaqu&#xe9;s sur la maquette le lent l&#xe9;zardement qui progresse le long du verre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Adieu, m&#xe9;daille, Salons d’Art, commandes et ventes, c&#xe9;l&#xe9;brit&#xe9; aux quatre coins du monde&amp;nbsp;! Que n’ai-je eu la sagesse de prendre un taxi&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 28 Apr 2012 18:59:03 GMT</pubDate></item><item><title>Pr&#xe9;sentation &#xe0; l’ADELF</title><dc:creator>skaograch</dc:creator><link>http://lirealaloupe.canalblog.com/archives/2012/04/22/24073686.html</link><category>La saga de mon roman</category><comments>http://lirealaloupe.canalblog.com/archives/2012/04/22/24073686.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lirealaloupe.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/24073686/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lirealaloupe.canalblog.com/archives/2012/04/22/24073686.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Une amie m’avait conseill&#xe9; d’adh&#xe9;rer &#xe0; l’ADELF, Association des Ecrivains de Langue Fran&#xe7;aise. Hier samedi j’ai ainsi &#xe9;t&#xe9; invit&#xe9;e &#xe0; pr&#xe9;senter mon roman, &lt;em&gt;Cache-cache et mat&lt;/em&gt;. Les participants &#xe9;taient peu nombreux (la faute aux vacances scolaires m’a-t-on expliqu&#xe9;) mais attentifs, ce qui n’est pas toujours le cas dans ce genre de manifestation.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;J’ai expliqu&#xe9; le pourquoi du sous-titre, &lt;em&gt;Chronique d’un atelier d’&#xe9;criture&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: je me suis servie de mes nombreuses participations &#xe0; ce type d’ateliers, pendant de nombreuses ann&#xe9;es. J’ai insist&#xe9; sur l’existence de bons ateliers, quoique je n’aie utilis&#xe9; que ceux qui &#xe9;taient mauvais pour en tirer une description ironique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;J’ai dit le r&#xf4;le des souvenirs d’enfance de Rozenn (le personnage principal) &amp;nbsp;qui se situent dans la Bretagne des ann&#xe9;es 50. J’ai dit aussi que j’avais nomm&#xe9; le lieu d&#xe9;crit Saint Car&#xe9;lec, nom imaginaire comme l’a fait Proust (j’ai carr&#xe9;ment os&#xe9; me comparer &#xe0; ce grand &#xe9;crivain !) avec Balbec, substitut de Cabourg. Un participant m’a demand&#xe9; quel &#xe9;tait le lieu r&#xe9;ellement d&#xe9;crit, je le lui ai dit, et il le connaissait tr&#xe8;s bien, m’a m&#xea;me donn&#xe9; le nom de la plage o&#xf9; il avait coutume de se rendre. Voil&#xe0; qui cr&#xe9;e une bonne ambiance dans ce type de r&#xe9;union et favorise la complicit&#xe9; avec le public&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;J’ai aussi soulign&#xe9; qu’il s’agissait d’une intrigue &#xe0; suspense, le secret qui hante Rozenn n’&#xe9;tant r&#xe9;v&#xe9;l&#xe9; qu’aux toutes derni&#xe8;res pages du livre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;J’ai lu quelques courts passages illustrant chacun de mes propos. Le public me posait des questions, et c’&#xe9;tait si chaleureux que j’en ai oubli&#xe9; de parler d’un des germes du roman&amp;nbsp;: pour cr&#xe9;er le personnage de Rozenn, je me suis inspir&#xe9;e de Bree, la femme parfaite et s&#xfb;re d’elle dans la s&#xe9;rie am&#xe9;ricaine &lt;em&gt;Desperate Housewives&lt;/em&gt;. Que s’est-il pass&#xe9; dans son enfance pour qu’elle se comporte de fa&#xe7;on aussi rigide, pour qu’elle donne d’elle une image aussi lisse&amp;nbsp;? J’ai donc invent&#xe9; une femme arriv&#xe9;e &#xe0; l’&#xe2;ge de la retraite, qui a enfoui au fond d’elle l’&#xe9;v&#xe9;nement qui a fait basculer sa vie autrefois, et qui vit dans le mensonge et le d&#xe9;ni.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Cet oubli n’a pas pes&#xe9; sur ma pr&#xe9;sentation&amp;nbsp; puisque les participants ont &#xe9;t&#xe9; nombreux &#xe0; acheter le roman. J’esp&#xe8;re qu’il leur plaira&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 22 Apr 2012 09:10:42 GMT</pubDate></item><item><title>La goutte d&apos;eau...</title><dc:creator>skaograch</dc:creator><link>http://lirealaloupe.canalblog.com/archives/2012/04/21/24067985.html</link><category>Mes nouvelles</category><comments>http://lirealaloupe.canalblog.com/archives/2012/04/21/24067985.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lirealaloupe.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/24067985/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lirealaloupe.canalblog.com/archives/2012/04/21/24067985.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Je lui ai dit de se taire. Je ne le croyais pas. Il y en avait d&#xe9;j&#xe0; eu beaucoup, des mensonges suivis de repentirs &#xe9;mouvants et de promesses de ne plus recommencer. Cette fois-ci c’&#xe9;tait une fois de trop. Nous allions nous s&#xe9;parer. Qu’il en trouve une autre. Une pauvre gourde comme je l’avais &#xe9;t&#xe9;, qui s’apitoierait sur lui, sur sa malchance dans la vie.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Au d&#xe9;but il disait&amp;nbsp;: Pas grand-chose… J’acceptais, je suis tol&#xe9;rante. Ensuite il en a fallu plus, puis encore plus… J’ai essay&#xe9; de refuser, mais il me suppliait&amp;nbsp;: Je te jure, je vais arr&#xea;ter&amp;nbsp;! Mais jamais il n’en aura la force n&#xe9;cessaire, cela dure depuis si longtemps…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Et ce soir, quand je suis rentr&#xe9;e, que j’ai, comme chaque soir, admir&#xe9; sur l’&#xe9;tag&#xe8;re du salon mes ch&#xe8;res bouteilles align&#xe9;es… les bouteilles de lait, les bouteilles d’encre, les bouteilles de bar, toutes mes pi&#xe8;ces de collection patiemment accumul&#xe9;es depuis tant d’ann&#xe9;es, certaines tr&#xe8;s anciennes, en verre souffl&#xe9;, en verre moul&#xe9;, d’autres avec leur bouchon en t&#xea;te d’animal… j’ai soudain eu un coup au cœur. A c&#xf4;t&#xe9; des trois bouteilles pharmaceutiques il y avait un espace, grossi&#xe8;rement combl&#xe9; par une main maladroite. On voyait le tissu qui couvrait la planche faire des plis &#xe0; l’endroit o&#xf9; se dressait (ou plut&#xf4;t s’&#xe9;tait dress&#xe9;e) ma plus belle pi&#xe8;ce, une pi&#xe8;ce de collection exceptionnelle, une &#xab;&amp;nbsp;flower p&#xf6;t&amp;nbsp;&#xbb; (les connaisseurs appr&#xe9;cieront) du d&#xe9;but du XVIIIe si&#xe8;cle, une bouteille unique que des marchands avaient d&#xe9;j&#xe0; tent&#xe9; de m’acheter &#xe0; prix d’or.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Il le savait, le salaud, que cette bouteille valait une petite fortune&amp;nbsp;! Il me dit qu’elle est tomb&#xe9;e, il ne comprend pas comment, qu’elle s’est cass&#xe9;e... Ah non, impossible, il a d&#xe9;j&#xe0; jet&#xe9; les morceaux dans le conteneur au bout de la rue… Jamais je ne le lui pardonnerai. Et &#xe0; qui l’a-t-il vendue&amp;nbsp;? Il continue &#xe0; nier. Soudain il a h&#xe2;te de partir. La table de poker l’attend.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;J’ai quelques heures devant moi pour faire changer ma serrure.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 21 Apr 2012 12:32:13 GMT</pubDate></item><item><title>Mais o&#xf9; me mettre ?</title><dc:creator>skaograch</dc:creator><link>http://lirealaloupe.canalblog.com/archives/2012/04/13/24001111.html</link><category>Anecdotes autobiographiques</category><comments>http://lirealaloupe.canalblog.com/archives/2012/04/13/24001111.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lirealaloupe.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/24001111/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lirealaloupe.canalblog.com/archives/2012/04/13/24001111.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Les vacances d’&#xe9;t&#xe9; de mes ann&#xe9;es de mariage se sont toutes pass&#xe9;es &#xe0; Maz…, un hameau de trois fermes dispers&#xe9;es sur le plateau de Haute-Loire. Ma belle-m&#xe8;re y poss&#xe9;dait une maison de ma&#xee;tre entour&#xe9;e de d&#xe9;pendances, et elle y accueillait ses trois enfants augment&#xe9;s peu &#xe0; peu de petits-enfants. Un beau-fr&#xe8;re aussi, parfois. Nous avons ainsi &#xe9;t&#xe9; jusqu’&#xe0; seize &#xe0; table. J’ai assez dit mon besoin de solitude. L&#xe0;, il m’&#xe9;tait impossible de m’isoler. D’abord &#xab;&amp;nbsp;cela ne se faisait pas&amp;nbsp;&#xbb;. Et puis, o&#xf9; me mettre pour me trouver un peu &#xe0; l’&#xe9;cart&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;En dehors des repas, l’usage &#xe9;tait de se r&#xe9;unir dans la cour devant la maison. Le dernier n&#xe9; couinait dans son parc, les enfants plus grands poussaient la barri&#xe8;re et jouaient juste de l’autre c&#xf4;t&#xe9;, devant la ferme, au milieu des bouses de vaches et des crottes de poules. Les adultes, assis dans des chaises longues, faisaient cercle autour du parc en admirant l’h&#xe9;ritier vagissant. Quand il pleuvait, les enfants se r&#xe9;fugiaient dans l’&#xe9;table (encore plus de bouses coll&#xe9;es aux pantalons), les adultes dans la cuisine.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;L&#xe0; commen&#xe7;ait l’autre probl&#xe8;me&amp;nbsp;: l’absence de lumi&#xe8;re. Ces maisons construites sur le plateau ont des fen&#xea;tres minuscules qui emp&#xea;chent les froids rigoureux de l’hiver de p&#xe9;n&#xe9;trer &#xe0; l’int&#xe9;rieur. A cela s’ajoutait la hantise du beau-p&#xe8;re d’&#xea;tre vu de l’ext&#xe9;rieur. Sa solution, des ampoules de vingt watts. Lire dans la p&#xe9;nombre, c’&#xe9;tait exclu, tricoter (moi sp&#xe9;cialiste des jacquards et points compliqu&#xe9;s) &#xe9;tait une prouesse dont je n’&#xe9;tais m&#xea;me pas fi&#xe8;re, envahie que j’&#xe9;tais de fureur raval&#xe9;e &#xe0; grand-peine.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Des ampoules de vingt watts, c’&#xe9;tait la r&#xe8;gle partout. Allez donc torcher un gamin dans un WC (au nord) plong&#xe9; dans une quasi obscurit&#xe9;… La salle d’eau, idem. Les chambres &#xe0; coucher (ah, se r&#xe9;fugier dans la retraite silencieuse de sa chambre pour y lire pendant des heures, quel beau r&#xea;ve&amp;nbsp;!) m&#xea;me topo. J’avais bien song&#xe9; &#xe0; changer en douce l’ampoule pr&#xe8;s du lit, mais mon mari m’en avait dissuad&#xe9;e, cette initiative t&#xe9;m&#xe9;raire risquait de provoquer un drame.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Il y avait au premier &#xe9;tage un vaste et superbe salon, beau parquet, meubles Napol&#xe9;on III, dot&#xe9; d’une bonne exposition, donc on y voyait normalement. Mais cette pi&#xe8;ce &#xe9;tait r&#xe9;serv&#xe9;e au beau-p&#xe8;re qui s’y enfermait pour r&#xe9;diger des conf&#xe9;rences. Interdiction de le d&#xe9;ranger. Une belle-fille assise dans un coin avec un livre sur ses genoux, &#xe7;a aurait probablement fait d&#xe9;sordre, d&#xe9;concentr&#xe9; le Professeur… Interdiction d’autant plus cruelle lors des vacances de P&#xe2;ques, avec froid per&#xe7;ant dans toutes les pi&#xe8;ces, sauf l&#xe0;, dans ce salon chauff&#xe9; gr&#xe2;ce &#xe0; deux radiateurs &#xe0; bain d’huile (la recherche intellectuelle n&#xe9;cessite la chaleur, tandis que le tricot, la cuisine, les jeux d’enfants, non). Souffrant d’engelures, je me r&#xe9;signais &#xe0; m’empiler au milieu des autres, tous les autres, dans la cuisine, si vaste que le seul coin chaud &#xe9;tait pr&#xe8;s de la cuisini&#xe8;re &#xe0; bois… mais je g&#xea;nais quand ma belle-m&#xe8;re se mettait &#xe0; pr&#xe9;parer un repas. Et je me r&#xe9;signais aussi &#xe0; supporter les disputes continuelles entre le beau-fr&#xe8;re et sa femme, les cris des enfants, les remarques coupantes du beau-p&#xe8;re survenu &#xe0; l’improviste.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;La premi&#xe8;re ann&#xe9;e, j’avais esp&#xe9;r&#xe9; pouvoir partir me promener en emportant un livre, m’asseoir sous un arbre, go&#xfb;ter un peu de tranquillit&#xe9;. Mais je n’ai aucun sens de l’orientation, &#xe0; peine avais-je fait cinq cent m&#xe8;tres que j’&#xe9;tais perdue, tous les champs se ressemblaient, l’angoisse montait, comment ensuite retrouver le chemin du retour&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Il me restait la salle &#xe0; manger, occup&#xe9;e presque enti&#xe8;rement par une immense table ovale, mais o&#xf9; deux petits fauteuils se lovaient devant l’&#xe9;troite fen&#xea;tre. Je m’y installais parfois, un peu g&#xea;n&#xe9;e par les restes de puanteur du po&#xea;le &#xe0; p&#xe9;trole allum&#xe9; pendant les repas (action illusoire, point de chaleur mais odeur garantie), un peu culpabilis&#xe9;e de me faire remarquer (je faisais bande &#xe0; part&amp;nbsp;!) mais savourant malgr&#xe9; tout ce semblant de retraite ponctuelle.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 13 Apr 2012 08:21:28 GMT</pubDate></item></channel></rss>
